Chapitre 10 : Exploration

 

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Une liste des trigger warnings est disponible ici.

Le pluriel neutre est féminin.

 

< Chapitre 9 : Sachenka

 

Inigo et Phileas discutaient à voix basse. Le médecin gardait un œil sur Sachenka, toujours bottie dans son coin, qui commençait à sortir de sa pose d’animal capturé.

– Phileas propose qu’elle rejoigne les corbeaux, dit Inigo à Cassandre, alors qu’elle les rejoignait.

– Elle peut aussi aider Louise à la cuisine, proposa-t-elle.

– Elle sera d’accord ?

– Je lui demanderai. Ça allait avec Nemo.

– C’est différent…

– Bien sûr, dit-elle. Mais ça peut aller.

– Je lui parlerai des corbeaux, lâcha Phileas. De ses problèmes de sommeil, aussi.

Cassandre hocha la tête.

– Je vais voir Louise.

Elle s’éloigna, et Phileas soupira.

– Je vais parler à la gamine maintenant ?

– Non, répondit Inigo. Attends demain… Qu’elle assiste un peu à la vie de l’église. Il faut qu’elle rencontre Louise et Nemo. Et les gens vont venir.

– Y en a moins, en ce moment.

– Elles vont revenir. Il faudra que je leur parle.

– Ha-ha ! Leur faire la leçon ?

Inigo soupira.

– Pardon, reprit Phileas, plus bas. Je crois pas qu’elles vont t’écouter. Te croire. La haine qu’elles ont de la gosse… Nemo… Enracinée tout au fond. Elles ont peur, Inigo. C’est que ça. J’en ai plein qui viennent me voir, qui me disent qu’elles sont malades. Ça les terrifie. Tu connais les gens superstitieux, Inigo, non seulement elles ont peur de mourir, mais encore de ne pas avoir de funérailles. Y en a qui me parlent de leur enterrement ! Elles ne savent toujours pas ! Ha… Elles ont peur, pas de la gosse mais de ce qu’elle représente. Tu te rends compte de ce que c’est, pour elles ? Il leur faut quelque chose, et il y a Nemo. Elles croient qu’elle est la cause de tous leurs malheurs. Tu leur mets cette évidence sous le nez, elles voudront pas voir. Elles vont continuer à venir, bien sûr, ici et au cabinet, elles ont besoin de nous. Ce quartier pourri serait un égout sans toi. Mais là-dessus, tu les auras pas.

– Tu crois ? Vraiment ? J’aimerais qu’elles se rendent compte qu’elles ont réagi seulement par aveuglement. J’aimerais… qu’elles ne recommencent pas. Nemo dit qu’elles ont trop peur…

– Elle a raison ! C’est encore pire maintenant qu’elle est revenue. Ha-ha…

Ils entrèrent tous les deux dans le bureau d’Inigo. Phileas se courba avec un grognement.

– Est-ce que tes recherches avancent ?

– Non. Bloqué au même point. La Liza, c’est exactement ça, les bons symptômes, mais on sait toujours pas d’où ça vient. Toi ?

– J’espérais que le récit de Nemo contiendrait des solutions… des indices… mais rien. Je ne sais pas.

– Elle dit pas tout, la gosse.

– Elle ne dit pas tout ?

– Sûr.

Inigo soupira, soucieux.

– Elle aura peut-être parlé à Cassandre… Il y a un lien, forcément.

Phileas hocha la tête, et garda le silence.

Cette question occupait leurs pensées, leurs recherches, leurs conversations depuis des années. Le médecin ne disait rien, mais Inigo devinait que cela l’affectait de plus en plus, de plus en plus profondément. C’était lui qui voyait défiler la file des malades, et qui identifiait celles qui allaient mourir, inexorablement, sans qu’il ne puisse rien faire. Phileas était de plus en plus froid, et son corps tordu se tassait lui aussi, rentrait la douleur dans ses épaules. Il se protégeait de la mort des autres. Il se protégeait, aussi, de l’espoir qu’elles plaçaient en lui, un espoir qu’il ne pouvait que trahir, à répétition.

 

 

Nemo avait mis trop de lait dans le thé. Elle n’avait pas fait exprès, la bouteille lui avait échappé. Il était trop tard pour prendre le temps de refaire chauffer de l’eau, et entre deux erreurs, elle choisit celle qui avait une chance de passer inaperçue. Elle déposa le plateau en silence.

Mais Melville Hatter porta la tasse à ses lèvres alors qu’elle sortait de la pièce, et en l’entendant grogner, Nemo s’immobilisa, la main sur la poignée. Elle serra les dents.

– Il y a trop de lait dans le thé, gronda le chapelier.

Nemo se retourna.

– Je peux en refaire, Monsieur.

– Non, non…

Il eut un frisson. Elle se rapprocha, et se plaça face à lui, les mains bien en évidence.

– Je vais vous refaire du thé, Monsieur.

– Mais c-ce ne sera plus l’heure du thé…

La phrase se noya dans un gargouillement. Il se mit à respirer vite et fort, sa pomme d’Adam montant et descendant follement sous l’arête du masque. Un bruit écœurant s’échappait de la bouche de porcelaine, comme si le chapelier essayait de cracher, mais s’étouffait dans son propre souffle.

– Monsieur… ?

– TU TE MOQUES DE MOI ! hurla-t-il soudain, la faisant sursauter si fort qu’elle recula jusqu’à la porte.

Melville Hatter bondit hors de son fauteuil, avec une vivacité qu’il n’avait guère que lorsque la colère l’emportait. Il pointa violemment le doigt vers elle.

– Tu te moques de moi ! Tu te m-moques de moi !

Elle saisit discrètement la poignée.

– Non, Monsieur, je n’ai jamais…

– TU TE MOQUES DE MOI, PETITE GARCE !

Il s’était approché avec une vitesse surprenante, et dans le même geste l’avait solidement empoignée par le col. Son masque était si proche du sien qu’elle voyait ses yeux exorbités dans les orbites de porcelaine. Elle sentit des larmes de dégoût, de surprise, de peur perler au coin de ses yeux, et les ferma fort pour qu’il ne la voie pas pleurer.

– On ne se moque pas de moi imp… unément, rugit-il, son débit de parole accélérant dans son emportement. Monsieur, imita-t-il d’une voix aiguë, monsieur-je-n’ai-jam-jamais-jamais-jamais ! Tu te moques de moi, sale fille de p-p-p… putain…

Il était devenu si fébrile qu’en la secouant, il fit glisser le masque de Nemo. Aussitôt, il la lâcha et recula précipitamment, les mains plaquées sur son propre masque et un gémissement s’échappant de sa bouche – elle bondit sur la porte et se précipita dans le couloir. Elle courut jusqu’à l’entrée, balança le masque dans la corbeille, et sans attendre un bruit qui lui dirait qu’il s’était brisé, elle sortit.

Ce n’est qu’une fois dans la rue qu’elle s’autorisa à ralentir. Quelques mètres plus loin, elle s’adossa à un mur pour reprendre son souffle.

Elle inspira, souffla, pour calmer son cœur et son corps tremblant. Il était plus tôt que l’heure à laquelle elle rentrait d’habitude : la lumière commençait à peine à s’effacer, et la rumeur de la ville était encore diurne. Mais il était cette fois hors de question d’y retourner. Il allait seulement falloir expliquer la situation à Cassandre.

 

Lorsqu’elle rentra, la plupart des gens étaient partie. Il en restait une poignée endormie, et les enfants qui furetaient, déjà, dans l’attente du conte de Cassandre. Elle en connaissait de vue la majorité, excepté trois, dont une fille qui lui sembla très jeune et qui se tenait à l’écart des deux autres. Elle était enroulée dans une couverture qu’elle serrait contre elle. Louise était assise à côté d’elle et lui parlait, ce qui était inhabituel.

Une femme se figea en voyant entrer Nemo. Cassandre se leva pour aller accueillir la jeune fille.

– Hatter a fait une crise… dit Nemo. J’ai… Il est devenu violent, je me suis enfuie. Et, heu. Je suis rentrée.

Elle n’osait pas la regarder.

– Il t’a fait mal ?

– Non. Peur surtout. Il m’a lâchée quand mon masque a commencé à tomber.

Cassandre lâcha un long soupir.

– Bien. Je vais m’en occuper. Nemo ? On a une nouvelle résidente.

– Quoi ?

– Elle s’appelle Sachenka, continua Cassandre alors qu’elles atteignaient le foyer. La fille qui est près de Louise. Elle a quasiment le même âge que toi.

La femme, qui avait suivi l’échange des yeux, se leva précipitamment en la voyant approcher et fit un signe de croix. Nemo la regarda partir, furieuse. Cassandre la prit par l’épaule pour récupérer son attention.

– Son père nous l’a amenée cet après-midi. Sa mère avait la maladie, elle est morte y a deux jours.

Nemo glissa un regard vers la nouvelle venue. Elle était surprise, mais un fond de colère aussi grondait en elle, nourrie par le souvenir encore vif de son entretien avec le padre. Maintenant, il allait falloir cohabiter avec cette fille dont la mère était morte de la maladie ? Ça ne suffisait pas que tout le monde dehors la haïsse – il fallait que cette haine s’introduise chez elle, au milieu des gens qui l’aimaient ?

– Elle va me détester.

– Je lui ai parlé de toi, répondit Cassandre. Crois-moi si tu veux, elle ne connaissait pas ton nom. Elle est… sauvage, en quelque sorte. Elle ne parlait à personne. A part ses parents.

Nemo contempla la fille. Elle fixait le sol, et tout son corps était replié dans une posture qui criait la défense.

– Elle est malade aussi ?

– Je ne sais pas. Inigo en a peur, mais Phileas s’en occupe. Elle va vous rejoindre chez les corbeaux et aider Louise, à la cuisine.

Nemo la suivit avec appréhension. Louise leva les yeux à leur approche, mais Sachenka ne bougea pas. Cassandre s’accroupit devant elle.

– Sachenka, voici Nemo dont je t’ai parlé tout à l’heure.

– Bonjour, marmonna Sachenka.

Elle avait une voix comme un filet, enfantine, un peu cassée. Ses cheveux blonds et emmêlés lui tombaient autour du visage, en nœuds sur ses épaules dont quelques mèches pendaient le long de son bras. Il était difficile de croire qu’elles avaient le même âge. Tout chez elle était encore enfant, à part –

– Bonjour…

Les yeux qui venaient de se braquer sur elle tranchaient soudain avec les traits ronds et encore effacés. Le regard de Sachenka était dur. Il y avait quelque chose en elle qui se protégeait violemment, et qui projetait cette défense au-dehors de toute la force de son corps. Elle ne la regardait déjà plus ; et cette émotion brutale s’était résorbée aussi vite qu’elle était venue. Nemo était troublée.

– Je vais chez Hatter, annonça Cassandre. Je serai à l’heure pour le conte. Nemo, Inigo voudrait que tu présentes l’église à Sachenka.

– D’accord…

Elle attrapa la manche de Cassandre alors qu’elle se détournait pour partir.

– Désolée pour le chapelier.

– C’est pas de ta faute. C’est pas très surprenant. Il faut juste… Il mieux vaut que ce soit moi que toi.

Elle s’éloigna, et Nemo vint s’agenouiller à son tour près de Sachenka.

– On va faire le tour de l’église ?

 

Sachenka regarda Nemo, regarda Louise. Encore quelqu’un d’autre. Quelque chose dans cette fille l’intriguait cependant, et il était vrai qu’elle avait envie de découvrir l’église qui lui semblait si étrange. Elle repoussa la couverture et se mit debout. Les deux filles portaient les mêmes vêtements : le même genre de chemise trop grande, de pantalon large sanglé à la ceinture. Louise se leva à son tour, et s’en alla sans plus de façons. Sachenka la regarda partir avec une certaine appréhension.

Nemo posa une main sur son épaule, et aussitôt elle bondit sur le côté et croisa ses bras contre elle.

– Désolée, dit Nemo, confuse. Je le ferai plus.

Sachenka tremblait un peu.

– Je suis vraiment désolée…

Il y eut un silence.

– On commence dehors ? finit par demander Nemo.

Sachenka hocha la tête.

Elle la guida le long de l’église, jusqu’à une porte qui s’ouvrait dans le fond. A l’extérieur, encadré par un carré de bâtiments, se tenait un petit cimetière. La nuit était tombée entretemps, et le froid avec elle.

L’espace était exigu, aussi les pierres tombales semblaient foisonner comme de mauvaises herbes. Il sembla à Sachenka que, aurait-elle su lire, elle n’aurait de toute façon pas pu déchiffrer les inscriptions qui y étaient gravées : elles étaient confuses, traversées de fêlures, illisibles. Les stèles étaient toutes grises, et beaucoup en mauvais état, bien que propres. Il y traînait un vestige de chemin dallé. Sachenka frôla du bout des doigts un bouquet de fleurs qui terminait de sécher.

Nemo se jucha sur une haute pierre plate, taillée en rectangle. Elle s’assit en tailleur et, d’une main, désigna le lieu qui les entouraient.

– C’est le cimetière de l’église. Y a beaucoup de tombes parce que c’est le seul cimetière gratuit de… la ville ? Je sais pas exactement. C’est Phileas et le padre qui s’en occupent. Cassandre a dit que tu allais rejoindre les corbeaux ?

– Mh, répondit Sachenka.

– Tu sais ce que c’est ?

– Un peu.

– Phileas t’en parlera. Et il t’expliquera comment marche le cimetière. En attendant…

Elle se laissa glisser au sol.

– C’est un bon endroit si tu veux être tranquille. Il est public la journée, mais les gens ne viennent pas beaucoup, même nous, de l’église. Sauf Louise, des fois. Et moi. C’est… calme.

Un bruit les fit se retourner. Un chat venait de bondir à l’endroit où Nemo était précédemment assise, et il tournait en rond pour s’installer. Il était un peu épais, le poil gris et parsemé de blanc, collé par endroits sous le sang coagulé des blessures. Sachenka le regarda avec intérêt. Cela faisait très longtemps qu’elle n’avait pas vu un chat de si près ; ici, dans la rue, ils s’enfuyaient dès que quelqu’un s’approchait. Ils n’étaient pas les seuls à être affamés.

Nemo s’approcha, les mains tendues. Elle siffla doucement. Le chat eut un mouvement de recul, mais, les yeux braqués sur elle, il la laissa approcher. Il flaira longuement la main tendue ; enfin, il se frotta contre les doigts de Nemo, qui sourit et commença à lui gratter la tête. Elle fit signe à Sachenka de s’approcher. La jeune fille obéit, et, avec méfiance, tendit à son tour la main vers le chat. Une fois qu’elle eut accompli le même rite de passage, il se laissa tomber sur le flanc, tout à son aise d’être aux petits soins de deux personnes.

– Ils n’ont pas peur ? demanda Sachenka.

Sa curiosité avait franchi sa réserve.

– Non, répondit Nemo. Lui, c’est le Mérovingien, il vient de temps en temps. Y en a qu’on voit plus souvent, tu peux les caresser, ils n’auront pas peur de toi ici.

Le chat attrapa la main de Sachenka dans ses grosses pattes blanches, et elle se retira précipitamment. Le Mérovingien sursauta lui aussi, et Nemo laissa échapper un rire. Elle attrapa ses pattes, et il la mordit, mais gentiment, et lâcha dès qu’elle poussa un sifflement. Sachenka resta à quelque distance.

– Viens, dit Nemo.

Laissant le chat, elle entraîna Sachenka vers le fond du cimetière. Elle lui montra un étroit couloir qui s’ouvrait dans le coin du mur, serré entre deux bâtiments, ponctué d’une grille.

– Tu peux sortir par là si nécessaire, expliqua-t-elle. On racle le mur, mais c’est pratique.

Il faisait désormais tout à fait nuit, et les filles rentrèrent dans l’église. Le poêle répandait la lueur de ses braises, et les bougies dansaient contre le mur. Elle traversèrent le chœur. Contrairement à la nef, il était dépourvu de tapis, bien que des tentures colorées soient suspendues tout le long des rambardes. L’étage était privé, indiqua Nemo, réservé aux gens de l’église. Elle écarta une tenture pour lui montrer un escalier.

La nef ronde, sur laquelle donnait directement la porte, était le lieu le plus fréquenté. C’était là que chauffait usuellement le poêle ; Louise y servait le repas et Cassandre y racontait ses histoires.

– C’est la porte principale, mais y a aussi celle de derrière, qu’on a prise tout à l’heure, une plus petite à côté de la grosse – là, indiqua Nemo, et, dehors, y a la porte du cabinet de Phileas. Ici, y a plusieurs portes, mais c’est privé aussi. Ce sont d’anciennes chapelles. Y a le laboratoire de Phileas… L’entrée est dans la nef parce qu’il communique avec son cabinet. Le bureau du padre donne sur le chœur. Cette porte-là donne sur la cuisine, et encore derrière, c’est chez Louise.

– Et Cassandre ?

– Cassandre dort avec moi là-haut. Je pense que tu seras avec nous. Elle n’est pas beaucoup à l’église, sauf le soir. Tu aimes bien les histoires ?

– Les histoires ?

– Les contes. Les mythes.

Sachenka hésita. Cela faisait longtemps qu’on ne lui avait pas raconté d’histoire. Quand elle était petite, sa mère lui racontait des histoires de neige et d’esprits de forêt, des histoires d’ours et de flammes dans la nuit, celles qu’elle avait emportée depuis son pays. La vie avait rapidement pris le dessus sur les histoires et Sachenka ne s’en rappelait que des bribes, quelques images. Elle adorait les histoires, mais elle avait oublié, un peu, ce que c’était.

– Oui. Je crois.

– Tous les soirs, Cassandre raconte une histoire. Ici, près du poêle. Elle raconte bien ! Tu vas voir.

Elles s’assirent autour du foyer. Sachenka tendit ses mains pour les réchauffer. Elle se détendait, très doucement. L’église la fascinait toujours, et toutes ces portes fermées lui donnaient l’envie timide de les ouvrir. Nemo la troublait quelque peu ; c’était, de toute sa vie, la première personne de son âge à qui elle adressait la parole. Elle lui semblait enfermée quelque part, dans un sentiment peut-être, et son visage aigu lui faisait un peu peur. Nemo prenait beaucoup de place lorsqu’elle bougeait, comme si elle voulait s’assurer d’être en contact avec ce qui l’entourait, et pour cela Sachenka se tenait en retrait à ses côtés. Elle ne voulait pas être touchée. Mais cette fille vive et désordonnée, gauche mais en constante agitation, l’intriguait, la repoussait aussi mais elle ne pouvait s’empêcher de la regarder, de contempler sa débauche de gestes qui bondissaient de l’un à l’autre sans cohérence. Il y avait quelque chose d’inquiet chez Nemo, et Sachenka, du fond des défenses érigées dans son corps, avait l’envie de prendre entre ses mains son cœur papillonnant, et de l’apaiser, pour seulement quelques instants.

 

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